Des « missionnaires » nouveaux genre déployés en République dominicaine
Plus de 4000 maisons construites, 9000 logements rénovés et retapés : voilà le travail effectué par des étudiants canadiens venus offrir leur aide à des familles de la province de San José de Ocoa, en République dominicaine. Bien que cela paraisse loin d’ici, ces jeunes Canadiens font une réelle différence pour ces familles qui en ont besoin. Et plus important encore, ils le font volontairement.
Chaque année depuis plus de 45 ans, des étudiants d’universités et de collèges de la région de la capitale fédérale s’envolent pour la République dominicaine avec comme mission de bâtir des maisons en béton, en seulement trois semaines. Durant leur séjour, ils investissent de nombreuses heures pour construire des maisons de toutes pièces. Ce projet communautaire est un moyen de sensibiliser les jeunes adultes à la pauvreté. Plus d’une trentaine d’étudiants sont ainsi déployés afin de redonner un peu d’espoir aux communautés.
C’est l’organisme Solidarité Jeunesse, basé au centre-ville d’Ottawa et dirigé par les sœurs de Sainte-Marie du centre pour jeunes Le 460, qui est à l’origine de cette initiative. Le programme fut créé en 1982, lorsque la sœur Claudette Brunet et cinq autres femmes ont suivi une formation offerte par Entraide missionnaire, un organisme engagé dans la solidarité internationale. Pendant un an, elles ont fait la navette entre Montréal et Ottawa afin de transmettre ces connaissances aux étudiants.
« Il faut reculer 35 ans passés, les jeunes ne voyageaient pas comme aujourd’hui. Parler de la réalité ailleurs n’était pas populaire. De plus, on voyageait tellement moins », a souligné sœur Claudette Brunet.
Immersion
En plus de la construction, cette expérience permet aux étudiants âgés de 18 à 25 ans de vivre une immersion complète dans les communautés dominicaines et dans la langue espagnole.
« On a passé toutes nos journées avec eux, on a créé des liens, indique Laurie Rochon. Le fait d’être en immersion totale, sans nos téléphones, a aidé à faire partie de ces familles. »
Sur le chantier, les étudiants travaillent étroitement avec les villageois. Les hommes de la Mesa de Domingo viennent aider à couler le béton et les familles bénéficiaires participent aussi, permettant un contact direct avec la culture dominicaine.
L’ADESJO
Solidarité Jeunesse collabore avec l’Association pour le développement de San José de Ocoa (ADESJO), dirigée par une équipe de 13 personnes.
« On a commencé cette collaboration parce qu’il y avait un prêtre canadien de Toronto sur place. Au début, c’étaient des projets d’irrigation, de reforestation ou de construction d’écoles. Maintenant, c’est plus concentré sur des petites maisons », explique sœur Claudette.
Grâce aux efforts d’ADESJO et de ses partenaires, le développement des communautés s’est considérablement accru. En matière d’habitation, 12 428 logements ont été construits au profit de 51 083 personnes. Entre janvier et juin 2025, plus de 242 bénévoles ont participé à la construction de huit maisons.
« J’ai aimé le fait qu’on était en mesure de construire la maison en collaboration avec les Dominicains, ajoute Laurie. Ça nous a permis de nous plonger encore plus dans la culture. »
San José de Ocoa
Située au sud du pays, à environ cinq heures de Punta Cana, San José de Ocoa compte près de 60 000 habitants et demeure peu fréquentée par les touristes.
Dans ces régions rurales, l’accès aux ressources est limité. L’accès aux soins de santé est difficile, et plusieurs villages de montagne — appelés « campos » — ne sont accessibles qu’en moto ou en camion tout terrain, selon les conditions météorologiques. On en compte plus d’une centaine sur le territoire.
C’est dans celui de la Mesa de Domingo que les étudiants se sont rendus en mai dernier, permettant à trois familles de bénéficier de nouvelles maisons.
« Quand j’ai vu l’école, je l’ai trouvée vraiment belle, même si ce ne sont pas les mêmes infrastructures qu’ici. Il y avait beaucoup de couleurs, ça mettait de la vie », ajoute Laurie.
La préparation
Avant le départ, les étudiants suivent une formation afin d’assurer le bon déroulement du projet. Solidarité Jeunesse les accompagne pendant plusieurs mois.
Des cours d’espagnol de base leur permettent de communiquer dès leur arrivée. D’autres formations portent sur la situation politique, économique et socioculturelle du pays ainsi que sur la vie de groupe, afin de stimuler la réflexion sur la pauvreté et le rôle des participants comme agents de changement.
Ces formations sont essentielles, puisqu’elles permettent aussi de créer des liens avant le départ. Pour financer leur voyage, les participants organisent plusieurs activités dans la région d’Ottawa.
« Personnellement, j’ai réussi à financer l’entièreté de mon voyage grâce à ces activités, aux dons et au programme LOJIQ », mentionne Evelyne Boivin.
Les offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ) soutiennent les jeunes de 18 à 35 ans dans la réalisation de projets au Québec, au Canada et à l’international, en offrant un appui financier et un accompagnement.
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