Payer pour avoir accès à de l’eau dans Papineau

L’absence de pluie et les températures chaudes de cet été ont fait diminuer les réserves d’eau de plusieurs rivières et puits de surface en Outaouais.  Des citoyens de la MRC de Papineau ont dû débourser des montants élevés pour avoir accès à l’eau potable. 

« Cette année c’est phénoménal, on n’a jamais vu de l’eau basse comme ça dans la rivière Petite-Nation, précise Roch Parent, résident de la municipalité de Saint-André-Avellin. »

Besoin essentiel

Pendant près d’un mois, Roch Parent et sa conjointe n’ont pas eu accès à l’eau potable, puisque leur puits de surface, qui puise son eau dans la rivière Petite-Nation, s’est asséché.  Le couple s’est donc rabattu à combler leurs besoins de bases et effectuer plusieurs tâches quotidiennes chez un ami de la famille. 

Roch et sa femme habitent les rives de la Petite Nation depuis plus de 25 ans. Ils ont récemment dépensé près de 15 000 $ pour un nouveau puits de surface.  L’homme à la retraite a confié que plusieurs de ses voisins sont dans le même bateau que lui. 

Problème chez les agriculteurs

Selon le maire de Saint-André-Avellin, Jean-René Carrière, deux agriculteurs de la municipalité ont rencontré des problèmes d’approvisionnement en eau dans leurs puits de surface. 

«  Ils ont comblé le manque en faisant faire des puits artésiens dans les deux cas, précise-t-il, mais à part de ça, je n’ai pas eu de vagues que des puits artésiens manquaient d’eau, c’est très rare. »

Une des raisons du différentiel de prix entre un puits artésien et un puits de surface est leur efficacité.  Comme son nom l’indique, un puits de surface est creusé relativement peu profondément et nécessite l’utilisation d’une pompe pour amener l’eau à la surface.  À l’inverse, les puits artésiens, qui vont jusqu’à 70m dans la terre, utilisent la pression pour faire remonter l’eau.  Ils ne sont toutefois pas infaillibles.   

« Les puits creusés près de la surface sont les premiers à s’assécher, précise Philip Sardinha, Co-Propriétaire chez Puisatiers Experts, en revanche, les puits artésiens ne sont pas à l’abri lorsque la nappe phréatique faiblit. »

Réduire sa consommation

Plusieurs citoyens de la municipalité de Papineauville font face à la même problématique.

« Malheureusement, ce que ça nous dit, c'est que la nappe phréatique descend, précise le préfet de la MRC de Papineau et maire de Papineauville, Paul-André David, et l'eau d'ici 2050, ça va être une raison pour se battre. »

Pour réduire la consommation d’eau dans le village, la municipalité a mis en place plusieurs mesures, comme l’installation de compteurs d’eau, l’interdiction d’arroser sa pelouse, sa voiture ou de remplir sa piscine avec l’eau de l’aqueduc municipal et la possibilité de constats d’infractions et d’amendes.

M. David affirme qu’en un mois, ils ont réduit la consommation de Papineauville de moitié. Passant de 1500m3 par jour à 700m3, ce qui équivaut à une consommation d’environ 280 piscines hors terre par jours. 

Un troisième puits

«On a réalisé que ça a un impact positif sur nos bassins, précise Paul-André David, on est en train de penser à creuser un troisième puits, parce qu’on ne veut pas attendre d’être pris à la dernière minute. »

Un troisième puits couterait environ 20 000$ à la municipalité Papineauville, qui se veut prévoyante envers les futurs chamboulements climatiques.

« On a un gros problème, les changements climatiques ont les vits.  Ça va être pire d’année en année, ajoute le maire consciencieux, il faut qu’on agisse et qu’on agisse chacun notre tour individuellement. »

Mégan Mongeon La Cité collégiale
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